Mercredi 30 janvier 2008
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Jacques Attali a présenté la semaine dernière le rapport émis par sa commission visant à moderniser l'économie française (à téléchargez le gratuitement ici
: le rapport Attali en
pdf).
On y trouve rassemblées l'ensemble des réformes sur lesquelles s'accordent en privé les élites modernisatrices françaises depuis des décennies sans jamais oser les mettre en oeuvre. En clair : en
finir avec tous les corporatismes, monopoles et autres règlementations. Mais est-il bien raisonnable de proposer une liste de 300 propositions propre à faire descendre dans la rue, sinon la
totalité, du moins une large partie des Français, sans fournir le moindre mode d'emploi ?
Le rapport, c'est tout ou
rien, pas de marge de manoeuvre pour le gouvernement : "Ce n’est pas un inventaire dans lequel le gouvernement pourrait picorer à sa guise. (…) C’est un ensemble cohérent, dont
chaque pièce est articulée avec les autres, dont chaque élément constitue la clé de tout. (...) On ne peut pas supprimer les freins sur la roue gauche d'une voiture sans supprimer les
freins sur la roue droite".
Et pour le bousculer un peu plus, Jacques Attali fixe des
délais intenables : 13 mois, d'avril 2008 à juillet 2009, pour supprimer les départements (sarkozy s'est déjà déclaré contre), pour abroger les lois qui limitent l'expansion des hypers-marchés
pour protéger les petits commerces et les producteurs, pour réformer la CSG et la TVA, pour dérèglementer les professions règlementées, pour redéfinir le licenciement économique, réduire les
administrations centrales, les dépenses publiques et l'endettement ...
Nicolas Sarkozy jure la main sur le coeur que le rapport est "raisonnable dans l'essentiel". Lors de l'installation de la
commission, il s'était publiquement engagé à appliquer intégralement ses recommandations. Il doit commencer à le regretter.
Publié dans : Politicus
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